Description
Tout commence par un maçon envoyé en 1950 par le chanoine Fabron, curé de Peille, à l'architecte Georges Buzzi : il faut concevoir une chapelle. Les plans sont acceptés sans modifications. Les calculs béton, confiés à l'ingénieur niçois Laborde, et les travaux, assurés par l'entreprise Calori de Monaco, permettent d'achever la construction entre 1951 et 1952. Visible depuis la route de montagne comme un signal fort dans le paysage, la chapelle Saint-Martin combine deux formes dynamiques. La nef est coiffée d'une vaste toiture-terrasse en pente qui forme, côté entrée, un immense auvent semi-circulaire en porte-à-faux de béton brut. Dans l'axe, un clocher en pierre du pays se dresse, dominé par une flèche évidée en béton dont chaque face dessine une croix. De chaque côté de l'autel, deux larges baies s'ouvrent sur le paysage provençal ponctué d'oliviers. En 1956, le père Jacques Riousse s'installa à la chapelle et y resta jusqu'en 2004. Formé aux Beaux-Arts d'Amiens dans sa jeunesse, il transforma les lieux avec une énergie proche de l'art brut : vitraux dans le clocher, sculptures, tableaux, cloison en mezzanine, atelier d'artiste en contrebas. Ses interventions lui valurent quelques démêlés avec sa hiérarchie, mais son oeuvre fait désormais corps avec l'histoire de l'édifice. Le mobilier d'origine mérite attention : meubles en bois puristes dessinés par le décorateur P.J. Thébault, autel conçu par Buzzi lui-même à partir d'une énorme souche de bois flotté récupérée sur la plage de Nice, et deux vitraux remarquables réalisés par Maurice Chausse en matière plastique translucide (Tolplex).
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001292