Description
Au fond de la vallée du Haut-Guil, aux confins des Hautes-Alpes et du Piémont, le village de Ristolas constitue un cas singulier de reconstruction d'après-guerre en milieu montagnard. Avant le conflit, la commune comptait trois hameaux de taille équivalente. Seul le chef-lieu sera rebâti : La Monta est quasi entièrement détruite par les combats, l'Echalp durement touché par une avalanche. Déclaré commune sinistrée, Ristolas doit établir un projet de reconstruction et d'aménagement. Georges Popesco, désigné par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, propose un plan approuvé en 1947, suivi par Georges Languin dès 1948. Paul Fort et Maurice Guillaume, architectes à Gap, assurent les opérations sur le terrain. La reconstruction de Ristolas ne se limite pas à remplacer des bâtiments détruits. Elle impose une rupture culturelle et technique dans les modes de vie paysans. L'urbanisme organique et empirique cède la place à une planification rationnelle avec zonage, servitudes et équipements publics. L'architecture, elle, tente un équilibre entre modernisation et régionalisme : Languin et l'ingénieur agronome Pierre Chauvet fondent leur démarche sur l'analyse climatique du site et la typologie du bâti ancien. Les fermes reconstruites, parfois très imposantes du fait du regroupement des biens détruits, conservent le principe de la maison-bloc logeant hommes, bêtes et récoltes sous un même toit, mais avec une séparation fonctionnelle des espaces et un confort sanitaire inédit. L'ensemble, développé sur un temps très court, forme un patrimoine bâti cohérent et original du XXe siècle alpin.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001420