Description
L'amitié entre Guy Rottier et Charles Barberis naît sur le chantier de l'Unité d'habitation de Marseille : le premier y dirige les travaux, le second est adjudicataire du lot menuiserie. En 1952, après la réalisation du cabanon de Roquebrune-Cap-Martin pour Le Corbusier, Barberis propose à Rottier de concevoir ensemble des cabanons de vacances en bois. C'est à cette occasion que Barberis lui demande de moderniser sa maison familiale de style provençal à Villeneuve-Loubet. Aucune proposition de transformation ne convainc vraiment, et en 1961, la décision est prise de tout démolir pour construire une villa moderne. Le programme prévoit une maison familiale, un logement de gardien, un pour les amis, et un garage spacieux. Le chantier, lancé en 1962, avance lentement puis s'arrête brutalement au décès de Madame Barberis en 1965. Charles s'installe tant bien que mal au rez-de-chaussée jusqu'à sa mort en 1980. La maison reste abandonnée jusqu'en 1987, quand son fils François contacte Rottier pour achever les travaux. L'influence de Le Corbusier est très lisible : les cinq points de l'architecture se mêlent à une expressivité plus lyrique. Les 340 m2 d'habitation se concentrent au premier étage, le rez-de-chaussée restant dédié aux services. Le plan libre est animé par des boîtes géométriques (cuisine, chambres) positionnées selon une irrégularité savante, reliées par des cloisons courbes non porteuses. La forme en boomerang donne son dynamisme à la façade sud, tandis que trois éléments structurent le rapport au site : un mur de clôture ancrant la maison au sol, la séquence d'accès (escaliers, claustras) amarrant l'étage au terrain, et la sculpture abstraite du toit-terrasse orientant le regard vers le ciel. Aujourd'hui, les locaux sont occupés par une école de design.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001310