Description
Quartier Sainte-Marguerite, Marseille 9e. Après le rapatriement des Français d'Algérie, ce secteur concentre une importante communauté juive. En 1967, une décision inhabituelle est prise : plutôt que de reconvertir un bâtiment existant, comme c'était souvent le cas, on va construire un lieu de culte neuf sur une parcelle d'environ mille mètres carrés. Le programme distingue deux fonctions principales, la synagogue et l'école talmudique, que l'architecte Fernand Boukobza traduit en deux volumes forts. D'un côté, un parallélépipède pour l'école. De l'autre, une pyramide tronquée pour le lieu de culte, bâtie sur un plan carré de seize mètres de côté. Un axe diagonal orienté vers Jérusalem détermine l'inclinaison de deux façades et le positionnement du Hijal, le pavillon des écritures saintes. La toiture, résille massive de poutres en béton, donne des allures de dais à l'espace intérieur. Elle solidarise quatre murs inclinés autoporteurs et soutient, par trois câbles, une mezzanine suspendue à mi-hauteur où les femmes assistent à l'office. Boukobza, formé aux Beaux-Arts de Marseille dans les ateliers d'André Devin et de Dunoyer de Segonzac, avait développé un goût prononcé pour le béton en fréquentant le chantier de l'Unité d'habitation de Le Corbusier. L'extérieur, austère, joue sur l'alternance de bandes en relief et en creux dans le béton brut. L'intérieur, en revanche, s'adoucit : pierre en placage, bois généreux pour le mobilier liturgique, conçu spécialement par l'architecte. La construction, financée par les dons de la communauté, s'est déroulée en deux phases successives.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001390