Description
Manosque connaît dans les années 1960 un triple choc démographique : les aménagements hydroélectriques du canal de la Durance, l'installation du Commissariat à l'Énergie Atomique de Cadarache à 25 kilomètres et l'arrivée des rapatriés d'Afrique du Nord. Les urbanistes revoient le plan de développement de la ville et prévoient une extension vers le sud, jusqu'à la voie ferrée. C'est dans ce nouveau périmètre résidentiel, entre le stade et la gare, que l'agence Candilis-Josic-Woods implante le lotissement Les Mûriers. Les parcelles mitoyennes, découpées en lanières étroites, se répartissent en trois ensembles formant un U ouvert au sud. En leur centre, un jardin collectif aménagé en butte artificielle recouverte de végétation reproduit les effets d'un paysage naturel et protège l'intimité des habitants. Les maisons, identiques, sont accolées deux à deux en modules carrés disposés en dents de scie. L'ossature en béton armé, les murs-rideaux en agglomérés de ciment et la toiture en tuiles creuses forment le vocabulaire de base. L'expression des façades, résolument cubiste, résulte d'un calcul de composition qui individualise chaque élément par le relief et la couleur. L'enduit blanc souligne la trame géométrique de la structure, tandis que les murs-rideaux, en retrait ou en saillie, créent de grands aplats colorés. Chaque logement traversant comprend un étage de soubassement avec garage et cave, un rez-de-chaussée surélevé et un étage, le tout organisé en demi-niveaux. La lumière pénètre largement par la baie vitrée du séjour. Le mobilier intégré (cuisine équipée, coin-repas avec passe-plat et banquette, bibliothèques, placards) reprend l'héritage de Le Corbusier et Charlotte Perriand.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001259