Description
Installée depuis 1893 au palais du Pharo, la faculté de médecine de Marseille obtient en 1952 la construction de nouveaux locaux, à la demande du doyen Georges Morin. René Egger, conseiller en architecture auprès de l'Éducation Nationale et futur architecte en chef des Bâtiments Civils, prend en charge le projet. Ancien associé de Fernand Pouillon au début de sa carrière, Egger crée sa propre agence la même année. La construction démarre dès 1955 sur un terrain de 4 hectares occupé jusque-là par l'hôpital psychiatrique de la Timone, avec l'accord du maire Gaston Defferre, et s'achève en 1958, un tempo remarquable pour une des premières universités françaises d'après-guerre. Le bâtiment longiligne de sept niveaux traverse la parcelle du nord au sud, totalisant 55 000 m² dont 15 000 m² au sol. Au rez-de-chaussée, un vaste hall public, un auditorium de 1 200 places et une cafétéria de 1 000 repas. Dans les étages, amphithéâtres et salles de travaux pratiques au centre, bureaux et bibliothèque sur les côtés. Trois ailes perpendiculaires déployées en peigne à l'est accueillent les laboratoires de recherche. L'ensemble en béton armé brut de décoffrage affirme sa présence sur le boulevard Jean Moulin, créé en 1954-55 par la couverture du Jarret. La façade ouest, parfaitement homogène sur une trame de 1,75 m, est rythmée par des brise-soleil verticaux préfabriqués qui masquent la variété des espaces intérieurs. À l'est, de larges baies vitrées s'ouvrent sur le paysage, les amphithéâtres protégés par des brise-soleil en aluminium réglables signés Jean Prouvé. L'intérieur, malgré un budget serré, révèle un soin particulier : mobilier métallique d'amphithéâtre de Jacques Le Stang, ensembles en bois de niangon, menuiseries sur mesure, et même une chaîne de télévision couleur pour retransmettre les opérations chirurgicales en direct. Dans les laboratoires, la standardisation sert la flexibilité, chaque élément mobile mesurant 55 ou 110 cm. Le hall d'entrée en double hauteur, avec son sol en granito, son escalier suspendu et ses imposants poteaux coniques bouchardés, donne le ton de l'ensemble. Trois espaces bénéficient d'un traitement décoratif particulier : la salle des thèses avec une peinture de Martin Roc, la salle du conseil avec son mobilier Florence Knoll et son décor en sycomore sculpté de Séraphin Gilly, et le bureau du doyen en cuir et lambris.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001367