Description
Entre 1962 et 1965, le concile Vatican II entreprend de rapprocher l'Église catholique du monde moderne. Les réformes liturgiques encouragent de nouvelles commandes architecturales, en particulier dans les villes en pleine expansion. À Marseille, les quartiers sud de Sainte-Marguerite, du Redon et de la Rouvière voient surgir plusieurs milliers de logements entre 1955 et 1975. Les paroisses existantes débordent. Sur un terrain offert par une paroissienne, le diocèse confie à l'architecte Benoît Delarozière la conception d'un "centre de rencontre" d'environ 1000 m², intégrant une chapelle de 500 places. Le bâtiment sort de terre entre 1973 et 1974. Avec un budget limité, Delarozière fait le choix d'une sobriété radicale dans le plan et les matériaux. Fidèle aux directives conciliaires, il bannit tout signe religieux extérieur : rien, de l'extérieur, ne trahit la fonction du lieu. La structure repose sur une trame carrée de 5,40 m, une ossature de piliers en béton armé laissé brut, des cloisons en briques pleines non enduites. La chapelle, de plan carré, descend en pente vers l'angle nord-est où se trouve l'autel, baigné par la lumière d'un lanterneau en forme de tronc de cône. Sobre et spectaculaire, cet éclairage zénithal se répète sur la sacristie et le parloir. L'architecte a dessiné l'ensemble du mobilier, sans ostentation. Les étages accueillent des salles d'activités pour les associations, deux appartements et une bibliothèque. Des toits-terrasses accessibles, reliés par un escalier extérieur, prolongent cette volonté de continuité entre intérieur et extérieur. Avec ses formes aux angles arrondis, sans hiérarchie, le centre n'a subi aucune transformation notable depuis son ouverture.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001384