Description
Les plans d'urbanisme marseillais ont très tôt reconnu la qualité paysagère des collines et encouragé la densification en piémont. Au début des années 1960, à la demande de l'architecte-conseil Xavier Arsène-Henry, Claude Gros se voit confier l'étude d'un plan d'ensemble pour les pentes du mont Rouvière, avec une densité imposée de 150 habitants par hectare. Quatre bâtiments montent à l'assaut de la colline selon un épannelage étagé. La notion d'immeuble s'efface au profit d'une plasticité saisissante : un noyau central distribue trois volumes disjoints de 12 à 15 étages, travaillés en retraits successifs qui creusent des ajours de plus en plus amples. Des passerelles aériennes relient ces masses à la cage centrale. À l'inverse d'une pyramide, les parois extérieures restent verticales, sans effet d'éboulis. Les façades sont constituées de panneaux préfabriqués identiques, avec une allège asymétrique carrelée de pâte de verre brune. Les autres faces sont dessinées par les balcons, dont les garde-corps transparents alternent avec des cache-vues en bois à lames verticales masquant celliers et séchoirs. Les ascenseurs, vitrés sur une face, ajoutent une dimension cinématographique à l'ensemble : on découvre le bâtiment depuis les parcours d'accès aux appartements, à travers des vues croisées sur le site en balcon sur la ville. Charles Jencks a qualifié ce type d'agrégat de "cité dans le ciel", un tissu de tours où chaque immeuble perd son identité au profit d'une ligne de ciel commune, ici particulièrement sculptée.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001339