Description
À partir des années 1960, la Caisse d'Épargne engage une politique de modernisation de son image, loin de l'austérité bancaire traditionnelle. Après un concours d'architecture lancé en 1965 pour l'agence de Toulon, cette démarche se généralise. En 1973, c'est Jean Parente qui est retenu pour la succursale de La Seyne-sur-Mer. Situé à l'angle d'une placette et d'une rue résidentielle, le bâtiment s'impose dans un environnement de maisonnettes basses. Parente saisit l'occasion d'en faire une véritable oeuvre plastique. Le terrain est divisé en deux plateformes : parking en contrebas, bâtiment en surplomb sur un socle en béton cannelé, matériau consacré par l'architecture brutaliste. Le programme réunit trois entités différentes (agence bancaire, bureaux, logement de fonction) que l'architecte fusionne en un projet unitaire. Volumes étagés, arêtes vives, balcons anguleux en saillie composent une sculpture abstraite jouant avec la lumière. L'alternance de céramiques brillantes et de béton mat accentue les contrastes. Parente traite les fenêtres comme des cavités, brouille la lecture des étages et décolle la peau extérieure par des ondulations créant des loggias en creux. Sur la façade sud, un grand balcon en porte-à-faux en béton cannelé prolonge le jeu de volumes. Sur le toit, un enclos en forme de vague, conçu à l'origine pour étendre le linge, abrite aujourd'hui les équipements techniques. Une sculpture en métal de l'artiste seynois Étienne Blanc ponctuait autrefois l'entrée.
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0002001