Description
Le 28 octobre 1938, l'incendie des Nouvelles Galeries, face à l'Hôtel de Noailles où se tient un congrès radical en présence du président Herriot, fait 73 victimes et expose l'incurie des services urbains marseillais. La ville est mise sous tutelle en 1939, et ne sera libérée de cette tutelle qu'à la Libération. La reconstruction du bâtiment participera au renouveau de Marseille, les ruines de 1944 effaçant progressivement celles de 1938. Fernand Pouillon, âgé de 30 ans et associé à René Egger, est architecte communiste sous la mairie Christofol. Jean-Louis Sourdeau, président de l'Ordre des architectes, et F. Bart cosignent les documents de 1947. Le programme, parti sur des bureaux avec stationnement, aboutit finalement à un immeuble urbain haussmannisant qui étage commerces avec entresols, bureaux et logements. La parcelle est traversante : côté Canebière, la façade suit l'alignement dans une courbe continue ; côté rue Thubaneau, un profil en gradins forme des ailes qui s'étagent régulièrement dans la manière d'Henri Sauvage. Les deux volumes sont reliés par un corps central contenant les circulations verticales, dégageant deux cours en fer à cheval qui évoquent, en miniature, le Britz Siedlung berlinois de Bruno Taut et Martin Wagner (1922). La galerie principale, haute de plus de 7 mètres, relie la rue Vincent Scotto à la Canebière par un tracé courbe. Elle devait vibrer au rythme des bureaux, mais la dominante résidentielle en fera un espace un peu déserté, envahi successivement par des commerces, puis un commissariat. Sur les façades, des lames verticales de béton espacées d'un mètre forment une résille qui s'apparente au mur-rideau américain, un dispositif que les deux architectes réutiliseront ensuite : Egger pour les logements du lycée Marcel Pagnol, Pouillon pour ses opérations parisiennes. Aux premiers étages, la question du mur-rideau devient manifeste : les lames de béton cèdent la place à des nervures et bandeaux métalliques rivetés, d'une facture maritime et artisanale, qui signalent les activités libérales de l'atelier d'architectes.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001357