Description
L'histoire de ce bâtiment commence par une promesse électorale. Bernard Cornut-Gentille, candidat à la mairie de Cannes, s'engage auprès des électeurs de gauche de La Bocca à construire une nouvelle Bourse du travail en échange de leur soutien. Une fois élu, il confie le projet à deux jeunes architectes, Michel Brante et Gérard Vollenweider, qui s'étaient fait remarquer lors d'un concours pour le poste des pompiers de Cannes. Le site est très contraint. L'interdiction de dépasser la hauteur de la voie rapide voisine, afin de préserver les vues depuis les habitations alentour, combinée à l'absence de recul, pousse les architectes vers un langage brutaliste radical. Le bâtiment est presque aveugle côté rue et côté place, avec un niveau entièrement enterré abritant une grande salle polyvalente. Pour éclairer ces espaces, les trois étages se superposent par retraits successifs, créant des puits de lumière zénithaux. Un demi-cylindre en saillie sur la façade ouest abrite les circulations verticales. La façade sud avance en porte-à-faux, massive, percée de meurtrières. Le béton brut de décoffrage est omniprésent, amplifiant l'aspect de bunker assumé. Cette esthétique s'inscrit dans deux courants architecturaux des Trente Glorieuses : le brutalisme inspiré du Le Corbusier d'après-guerre, et la relecture de l'architecture de guerre développée par Paul Virilio et Claude Parent au début des années 1960, dont l'église Sainte-Bernadette du Banlay à Nevers (1966) reste l'expression la plus aboutie.
Localisation
Label Architecture Contemporaine Remarquable, Ministère de la Culture (data.gouv.fr)
Référence : ACR0001271